La fabuleuse histoire du thé vert

20 janvier 2015

La fabuleuse histoire du thé vert

Anciennement connu mais adopté depuis peu en occident, le thé vert connait une popularité croissante et est maintenant en tête de liste des aliments miracles à intégrer dans notre alimentation. À la recommandation des médecins, scientifiques et blogueurs santé, nombreux sont ceux qui choisissent de remplacer le café par cette infusion d’herbes, réputée pour libérer notre corps des mauvaises toxines. Plusieurs vertus lui sont conférées, le thé vert éloignerait le cancer, serait un puissant antioxydant, aiderait à détoxifier notre système après une soirée bien arrosée, favoriserait la réhydratation de notre corps, etc. Serait-ce la solution miracle pour mieux préparer notre corps à notre mode de vie effréné? Peut-être! Chose certaine, le thé vert mérite l’engouement qu’il provoque car depuis des lustres, il est consommé par différents peuples et occupe une place importante dans leur histoire et leurs rituels.

Depuis 2000 ans, le thé vert est une industrie vitale pour certains des 55 peuples qui le consomme sur une base régulière. En effet, dans les pays producteurs, la culture du thé peut s’avérer aussi importante que la nourriture. Le thé vert est non seulement une boisson délicieuse et tonifiante mais il est aussi à la base de la socialisation, des rituels et habitudes conservées de générations en générations.

Du temps de la préhistoire, le thé aurait été consommée dans les forêts du Yunnan, région au sud ouest de la Chine actuelle, dans l’Assam, région de l’Inde et aussi au Laos, au Vietnam et en Thaïlande. Les origines connues du thé vert sont principalement relatées dans l’histoire de la Chine au tout début des dynasties chinoises. Les feuilles de thé étaient, à l'époque, mâchées puis ensuite consommées sous force de remède médicinale. Avec le temps, les feuilles fraîches ont été plongées dans l’eau bouillante pour en créer une infusion. Servie comme une boisson stimulante, elle est devenu la tradition pour laquelle la Chine est encore reconnue aujourd’hui. À travers les différentes dynasties chinoises, le procédé de fabrication du thé s’est développé, du simple séchage des feuilles, on commença à produire des petits cubes de thé compressés grâce à la vapeur. Ceux-ci étaient cuits avant d’être plongés dans l’eau chaude, cette technique qui avait pour but d’enlever le goût amer du thé. 


Les religions, principalement le bouddhisme, contribuèrent beaucoup à intégrer le thé au sein des rituels chinois, en lui conférant bienfaits et pouvoirs rajeunissants. La préparation du thé était perçu comme un précieux moment de relaxation. C’est au temps de la dynastie de Tang qu’on apporta au rituel du thé, raffinement et sophistication. Un «Maître Thé» était nécessaire pour garantir à toutes les familles que la préparation du thé était faite selon les règles de l’art. Une panoplie de tasses et de théières furent introduites au quotidien pour la préparation du thé.

Le thé vert arriva au Japon durant l’époque de Heian (de 194 è 1185) avec la montée des samouraïs et l’expansion du bouddhisme en provenance de la Chine. Son implantation fut donc grandement favorisée par l’adhésion des japonais à la religion bouddhiste, laquelle encourage la consommation du thé vert dans ses pratiques. Au cours des générations, les japonais, fidèles à leur culture, commencèrent à produire un thé de qualité qui se démarque aujourd’hui du thé chinois.

Les portugais furent les premiers occidentaux à importer des régions de l’Est, le thé vert et les épices. Lorsqu’en 1661, Charles II épousa Catherine de Baganza, princesse portugaise amatrice de thé, la mode fut lancée chez toutes les dames anglaises. La haute société instaura ''L'heure du thé'', phénomène de socialisation, et les anglais s’approprièrent le thé en y ajoutant du lait. Ce fut le début du goût des Anglais pour le thé.

Au tout début du 19e siècle, alors que les longs voyages aux Indes commençaient, la rumeur courrait que l'on pouvait retrouver, dans la région de Assam, des plantes sauvages ressemblant au thé chinois, dont les feuilles étaient utilisées par les locaux pour préparer nourriture et breuvage. Lorsque les anglais découvrirent la plante, ils jugèrent qu’il s’agissait d’une espèce de plante inférieure au thé chinois. Obstinés à rapporter ce dernier au pays, ils importèrent les meilleures semences et les plus fortes pousses de thé chinois sur le territoire de l’Assam, dans l’espoir de pouvoir le cultiver et ainsi se défaire d’une dépendance envers la production chinoise. Cependant, les plantes ne s’adaptèrent jamais au climat chaud, humide et pluvieux de l’Assam. Ce n’est qu’en 1847, qu’un nouveau gestionnaire, M. Williamson décida que les plantes locales, aujourd’hui connues comme étant le thé vert de l’Assam, méritaient d’être cultivées. Cette judicieuse décision donna naissance à une nouvelle industrie qui s’avéra florissante.

On retrouve aujourd’hui plus de cent espèces de thé vert, mais on considère principalement: l’espèce chinoise; Camilla Sinensis var. Sinensis, la variété de l’Assam; Camilla Sinensis var Assamica, et la Camilla Sinensis, var. Java, une hybride retrouvée en Indonésie qui est issue du thé de l’Assam mais classée séparément par les biologistes pour sa floraison et ses propriétés nouvelles.

Le thé cultivé en Inde diffère beaucoup de celui de la Chine même si, biologiquement, ils sont tous deux issus du même plant. Le thé chinois est plus doux, frais et délicat, tandis que le thé vert indien est le chef de file d’une production variée et aromatisée. Le thé japonais est reconnu pour avoir été cultivé avec soin, il a développé un côté plus astringent et son raffinement est reconnu. Outre sa provenance, plusieurs facteurs issus de la production donne au thé son goût et son arôme : le sol, l’environnement, la période de cueillette, le mode de culture, la température durant les vendanges et bien sûr l’expérience des cultivateurs.

Les différents procédés de fabrication influencent également les couleurs et les arômes variés du thé, même si à la base, le thé provient de la même plante, la Camilla Sinensis. En plus du thé vert, nous retrouvons les thés noir, rouge, jaune, blanc et Oolong. Pour le thé vert, les feuilles sont généralement seulement chauffées pour enlever l’humidité. Le thé noir est en réalité du thé vert ayant subi une oxydation complète, similaire au thé rouge. Le thé jaune chinois est un thé qui a subi un procédé de fermentation et qui est cueilli très tôt lorsque la feuille est très jeune. Le thé blanc est aussi composé de jeunes feuilles et de bourgeons qui sont simplement flétris et séchés. Le thé Oolong tant qu’à lui a subi une oxydation partielle, moins longue que celle du thé noir.

Les amateurs de thé peuvent aujourd’hui goûter à une vaste sélection de thé, près de 1 500 variétés, certains à prix incroyablement bas et d’autres à prix exobitant. Son goût se marie à d’autres saveurs, telles que la menthe, le citron et le jasmin, pour ne nommer que celles-là. Le thé est d’ailleurs la boisson la plus consommée à travers le monde après l’eau. Bien qu’il soit aujourd’hui popularisé grâce à ses vertus et ses bienfaits, le thé vert a conservé son rôle si essentiel et étroitement lié à la culture; il permet de nous offrir une pause, une occasion de nous revitaliser et si possible d’échanger avec son prochain.



Autre conseils...    

 
© Groupe d'Alimentation MTY Inc. 2017